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La Corrèze fait face à sa quatrième vague de chaleur depuis le printemps. Même dans la campagne limousine, la faune sauvage, et notamment les oiseaux, subit les effets des températures élevées. Déshydratation, brûlures ou manque de refuges peuvent la fragiliser. Points d’eau, zones de fraîcheur et gestes adaptés permettent de l’accompagner durant la canicule.

La quatrième vague de chaleur depuis le printemps en Corrèze rappelle que la campagne limousine n’échappe pas aux conséquences des températures élevées. La LPO considère qu’une canicule correspond à des températures nocturnes qui ne descendent pas sous 20 °C pendant plus de trois jours, associées à des températures supérieures à 30 °C en journée. Pour la faune, les conséquences sont multiples. Lorsque l’air atteint 30 °C, une route exposée au soleil peut dépasser 60 °C et provoquer des brûlures chez les petits animaux. Les oiseaux sont particulièrement concernés. Sous les toits, les jeunes hirondelles et martinets peuvent souffrir de suffocation, se rapprocher du bord du nid à la recherche d’air et tomber au sol. L’assèchement des points d’eau peut aussi contraindre les animaux à parcourir plusieurs kilomètres, avec un risque de fatigue et d’épuisement.
Dans un jardin ou sur un balcon, accompagner la faune commence par la mise à disposition d’eau fraîche. La LPO recommande des récipients peu profonds, d’environ 5 à 7 cm, avec une pierre permettant aux oiseaux et aux insectes de se poser sans se noyer. L’eau doit être renouvelée régulièrement. Une autre fiche de la LPO destinée aux oiseaux conseille un récipient de 3 à 4 cm de profondeur, rempli d’eau fraîche renouvelée tous les jours, idéalement le matin, placé si possible à l’ombre et dans un endroit dégagé. Une mare peut également constituer un refuge. Côté végétation, la tonte différenciée et le fauchage tardif conservent des espaces plus frais : une étude citée par la LPO a relevé jusqu’à 45 °C au sol sous une herbe non fauchée lors des journées les plus chaudes, contre plus de 60 °C avec une herbe coupée à ras.
Face à un animal qui semble souffrir de la chaleur, la LPO recommande d’abord de l’observer et de disposer une coupelle d’eau à proximité. Chez un oiseau déshydraté, une respiration rapide, des étourdissements, une léthargie ou une confusion peuvent être observés. La fiche de la LPO Auvergne-Rhône-Alpes préconise alors une hydratation goutte à goutte sur la pointe du bec et un isolement au calme pendant au moins 3 h dans un carton percé, dans une pièce tempérée entre 27 et 30 °C. Il ne faut pas verser d’eau directement dans son bec, le mouiller, le placer dans une pièce à moins de 25 °C ou l’installer dans une cage. S’il s’agit d’un oisillon, la LPO indique que sa prise en charge par un Centre de Sauvegarde est impérative, après l’avoir réhydraté avec 2 à 3 gouttes sur la pointe du bec. En Limousin, un centre de sauvegarde de la faune sauvage est implanté à Verneuil-sur-Vienne : quand le thermomètre s’envole, mieux vaut que les oiseaux soient les seuls à en faire autant.
Selon le baromètre de Corrèze Tourisme consacré à juin 2026 et au premier semestre, la fréquentation touristique a reculé de 4 % dans le département. Entre un contexte international toujours incertain et une météo peu favorable, marquée par un début d’avant-saison frais puis une canicule en juin, les professionnels dressent un bilan contrasté tout en restant confiants pour l’été.

Le baromètre de Corrèze Tourisme confirme un ralentissement de l’activité touristique entre le 1er janvier et le 30 juin. La destination totalise 2,5 millions de nuitées, soit une baisse de 4 % par rapport au premier semestre 2025. La clientèle française, qui représente 75 % des nuitées, recule de 5 %, tandis que la clientèle étrangère, qui pèse 25 % des nuitées, est en baisse de 3 %. Cette évolution s’explique notamment par un contexte économique international toujours tendu, mais aussi par une météo peu favorable. Après un week-end de l’Ascension marqué par des températures fraîches, le mois de juin a été perturbé par un épisode de canicule exceptionnel. Seul le mois de mai, grâce à l’enchaînement des ponts, a permis de soutenir l’activité.
Les excursionnistes plus nombreux
Si les nuitées sont en baisse, les excursions à la journée progressent. Le département a enregistré 5,7 millions de visites, soit une hausse de 6 %. Les excursionnistes proviennent principalement de la Dordogne (22,5 %), du Lot (20,5 %), de la Haute-Vienne (19,5 %), du Puy-de-Dôme (18,5 %), du Cantal (14 %) et de la Creuse (5 %).
Une clientèle française dominée par les départements voisins
La Gironde reste le premier département émetteur avec 6 % de la clientèle française (-5 %), devant Paris (5 %, -9 %), la Haute-Garonne (5 %, stable), la Haute-Vienne (5 %, -9 %) et les Hauts-de-Seine (4 %, -4 %). Côté clientèle étrangère, les Pays-Bas demeurent le premier marché avec 12 % des visiteurs (-6 %), devant le Royaume-Uni (9 %, -30 %), l’Espagne (9 %, -15 %), l’Allemagne (9 %, +10 %), seul marché en progression, et la Belgique (5 %, -5 %).
Des professionnels majoritairement déçus
L’enquête menée auprès de 64 professionnels, dont 63 réponses exploitées pour l’avant-saison, traduit un climat mitigé. Sur l’ensemble des mois de mai et juin, seuls 34 % des professionnels se déclarent satisfaits de leur activité contre 66 % d’insatisfaits. Au total, 2 % se disent très satisfaits, 33 % plutôt satisfaits, 48 % plutôt pas satisfaits et 17 % pas du tout satisfaits. Les campings apparaissent comme les plus critiques, avec 68 % d’insatisfaits sur l’avant-saison. Les hébergements collectifs affichent 76 % de professionnels plutôt pas satisfaits, tandis que 80 % des acteurs des sports et loisirs se disent pas du tout satisfaits. Les hôtels présentent un bilan plus équilibré avec 49 % de professionnels plutôt satisfaits.
Des réservations qui incitent à la prudence
Les perspectives restent incertaines. Seuls 25,5 % des professionnels se montrent confiants pour les six prochains mois, 27,5 % se disent inquiets et 47 % déclarent manquer de visibilité. Pour juillet, 50 % estiment que les réservations sont en baisse, contre 23 % qui les jugent stables et 18 % en hausse. Pour août, 53 % anticipent une baisse, 29 % une stabilité et 8 % une progression.

Nature, authenticité et accueil restent les attentes majeures
L’étude montre également que les attentes des visiteurs évoluent. 83 % des professionnels estiment que la qualité de l’accueil est importante ou très importante pour leur clientèle. Le slow tourisme progresse également (74 %), tout comme le besoin de connexion à la nature (69 %) et la recherche d’authenticité et des savoir-faire locaux (59,5 %). En parallèle, une majorité de professionnels observent des arbitrages budgétaires, avec des visiteurs qui réduisent leurs dépenses ou la durée de leur séjour.
Face à une sécheresse qui s’aggrave, le préfet de la Corrèze place dix secteurs du département en situation de crise et renforce les restrictions d’usage de l’eau. L’alimentation en eau potable commence également à poser problème dans certaines communes, notamment autour de Bort-les-Orgues, alors que la chaleur et le manque de pluie devraient se poursuivre.

La sécheresse continue de s’aggraver en Corrèze. Réuni le 16 juillet, le comité ressource en eau départemental (CRED) a dressé un constat préoccupant : les fortes chaleurs et l’absence de précipitations significatives continuent de faire chuter les débits des cours d’eau. Les orages observés ces derniers jours sont restés très localisés et n’ont pas permis d’améliorer durablement la situation. L’indice d’humidité des sols a même atteint un nouveau record bas le 13 juillet. Les prévisions météorologiques annoncent par ailleurs le maintien d’un temps chaud et sec au moins jusqu’au 22 juillet.
Dans ce contexte, le préfet Vincent Berton a décidé de placer en situation de crise les zones « Dordogne des grands barrages amont », « Dordogne des grands barrages aval rive gauche », « Dordogne karstique », « Auvézère », « Vézère cristalline amont », « Logne », « Elle », « Corrèze amont », « Corrèze aval » et « Vienne amont ». La zone « Couze » reste en alerte, la « Vézère cristalline aval rive gauche » passe en alerte et la « Vézère cristalline aval rive droite » est désormais placée en alerte renforcée. La zone « Rivière Vézère » demeure également en alerte.
Des difficultés pour l’eau potable
Les services de l’État signalent également une dégradation de la situation de l’alimentation en eau potable. Certaines collectivités rencontrent désormais des difficultés pour assurer l’approvisionnement de leurs abonnés, en particulier sur le secteur de Bort-les-Orgues.
Des restrictions renforcées pour les particuliers
Pour les particuliers situés dans les zones en crise et en alerte renforcée, les restrictions deviennent plus sévères. Seul l’arrosage des jardins potagers reste autorisé entre 20 heures et 8 heures. Les arbres et arbustes de moins de trois ans peuvent être arrosés deux nuits par semaine sur cette même plage horaire, tandis que l’arrosage des pelouses et des massifs est interdit.
Le remplissage des piscines familiales est désormais totalement interdit dans les zones en crise. En alerte renforcée, seules les remises à niveau et le premier remplissage des piscines dont les travaux avaient débuté avant les premières restrictions restent autorisés. Le nettoyage des façades et des toitures est lui aussi interdit en situation de crise. En alerte renforcée, il n’est possible que lorsqu’il est rendu nécessaire par des travaux.
Certaines activités bénéficient de dérogations
Les prélèvements destinés à l’abreuvement des animaux ne sont pas concernés par ces limitations. Il en est de même pour les prélèvements réalisés dans des retenues de stockage déconnectées du milieu naturel. Certains usages agricoles, notamment les cultures hors sol sous serre ainsi que les cultures maraîchères et légumières, peuvent également bénéficier de dérogations. Les irrigants sont invités à se rapprocher de la Chambre d’agriculture de la Corrèze.
Un suivi quotidien de la situation
Les services de l’État indiquent qu’un suivi quotidien des indicateurs hydrologiques est désormais assuré. De nouvelles mesures pourront être prises rapidement si la situation continue de se dégrader afin de préserver en priorité la ressource en eau et l’alimentation en eau potable.

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